Un an après les FX du film Héros, me voila de retour chez Artistic Images pour des plans de compositing sur le film d'Elie Chouraqui : CELLE QUE J'AIME.

Voir le makingFX

 

La supervision étant cette fois pour le moins inexistante, les plans sont tournés sur fond vert sans aucune contrainte de mouvements, ou repères visible pour le tracking.
Les plans de rue, destinés au fonds, sont filmés un peu à la volée, à l'arrière d'une voiture, sans aucune possibilité de synchronisme, ni de stabilisation.
(Et je ne parle même pas d'éléments qu'il aurait fallu filmer pour recréer les reflets sur les vitres.)

Le choix de poser des marqueurs sur le fond vert sur ce type de plan et toujours un dilemme.
Soit il y a des repères qui facilitent le tracking mais on se retrouve alors avec un fond vert qu'il faut nettoyer, ce qui parfois prend du temps.
Soit on bénéficie d'un fond vert très propre pour l'incruste mais alors il faut espérer que l'image fourni assez d'info pour permettre un tracking correct, voire partiellement, sinon c'est totalement manuel.
Sur ce film, il y avait juste assez d'éléments dans l'image pour permettre un tracking 2D a peu prés correct, avec quelques retouches manuelles.

Ces contraintes sont généralement absorbées quand le temps de post prod est suffisant, mais cela arrive hélas de moins en moins.

 
 
Les délais étant, comme d'ab, très justes, il est hors de question de fabriquer des arrière-plans a partir des images de rues. ( genre projection photo sur surface 3d, ou multiplans 2d )
Il fallait se démerder avec les images sélectionnées pour chaque arrière-plan.
La difficulté venait aussi de la longueur des plans, parfois jusqu'à plus de 1200 images.
Autrement dit, pas de preview en ram possible, il faut calculer le plan à chaque fois pour voir l'effet sur sa longueur.
 
 

A cause de la courte profondeur de champ et des changements de focus durant le plan, il etait quasi impossible de faire un réglage d'incruste global. (keylight sur AE)
J'ai donc divisé chaque zone de l'image; fenêtre, pare-brise, toit, lunette arrière… en zone d'incruste spécifiques.
En plus des paramètres d'incruste différents pour chaque partie de l'image, un peu de tracking-roto, en renfort sur certaines zones comme la carrosserie, qui etait parfois noyée par les retours de vert.

 
 

Quand aux reflets, l'idéal aurait été de reconstruire en 3d la carrosserie de la voiture pour recréer des reflets exacts, afin de les superposer sur la voiture.
Finalement, par manque de temps, j'ai triché en 2d des pseudo reflets à partir des images qui ont servit d'arrière plans.
C'est pas du grand art mais ça fait la blague.