COURSIER d'hervé RENOH
Avec Michaël Youn, Geraldine Nakache et Jimmy Jean-Louis.

Voir le makingFX


Voici donc enfin le film sur lequel je devais faire des fx en juin, mais après montage, remontage, démontage puis re-remontage du réalisateur puis du producteur et a nouveau du réalisateur accompagné  de l'acteur principal... et ce pendant plusieurs semaines supplémentaires, et nous voici fin septembre pour travailler sur les effets.
Et comme la date de sortie restait fixée en décembre, tous les intervenants de la post prod doivent tout faire dans un délais ridiculement court pour finaliser le film.


En ce qui nous concerne, chez Froggy, les effets restant dans le montage final sont moins nombreux et compliqués qu'envisagé au départ, mais pas forcément plus rapide ou facile a faire pour autant.
Il restait donc a faire une grande majorité d'accélérations de plans, de retouches et d'effacement, des effets de jumelles, des mini matte painting ainsi que des animations d'interface de téléphone mobile. Sans oublier le générique de début et de fin.

Beaucoup de plans se sont vu éliminés pour des raisons budgétaires, au mépris parfois du raccord  entre eux. (merci Europacorp), il est donc amusant de constater qu'au dernier moment, il ont viré une de mes retouche car il se sont aperçut qu'elle ne raccordait pas avec les plans voisin ;)
Il restait néanmoins de quoi s'amuser,  même si les délais ne nous permettaient pas trop de réfléchir ou de peaufiner.

 

 


 

Mon premier plan consistait a effacer sur un avion les inscriptions qui le caractérisent ainsi que les palmiers qui entourent la piste et qui ne correspondent pas au panorama parisien. (plan stock-shot)

Considérant le tracking 2d, 3d, la rotoscopie mais aussi le mélange de grain et la déformation dues aux turbulences de chaleur dans l'image, je me retrouve a faire en cinq jour un effet qui devrait me prendre deux semaines.
Ceci m'amenant a mon sujet du jour; les effacements, les accélérations ou ralentis étant considéré comme un effet technique et non artistique, les prods, qui ne connaissent rien aux trucages, refusent de les payer le même prix qu'un effet plus prestigieux, comme un matte painting par exemple, même si le travail nécessaire est parfois plus compliqué a effectuer, ces plans sont donc sous-devisé et ne bénéficies jamais des délais suffisant pour êtres réalisés correctement.


Cette pratique est courante et ne pose pas de problèmes sur la longueur du temps accordée a la globalité des effets, un plan sous-devisé, mais compliqué, sera compensé par un autre, plus "noble", parfois fabriqué en trois jours mais dont le tarif compensera la perte sur l'autre plan.
La chose devient problématique lorsqu'il n'y a que des effets dit "technique" et que le délai reste court quoi qu'il arrive, sans se poser la question de la qualité du résultat ou du degrés de finition.


Tout ca pour dire que l'effacement que j'ai fait sur l'avion marche bien, que j'ai rusé sur le tracking difficile et imparfait mais que le plan tiens debout comme ca, mais que si le réalisateur m'avait demandé de mettre une autre inscription sur la carlingue de l'avion ou changer tout l'horizon du paysage, j'était dans l'impossibilité de le lui fournir le lendemain, que cela demande un tracking plus pointu, qui prend beaucoup plus de temps, un détourage de l'avion sur la durée totale du plan (rien que ca c'est deux ou trois jours plein) allez donc faire comprendre ca a un réal ou un dir prod.
Ce plan comporte toujours des petits défauts qu'il m'était impossible d'éliminer, faute de temps.. (saurez-vous les repérer?:)

C'est une situation dommageable car sur des budgets aussi serrés et donc des délais aussi courts, cela peu parfois empêcher le réalisateur d'avoir plus de latitude a contrôler ses images, et nous a accéder a toutes leur demandes pour parfaire le travail.

Quand au degré de finition acceptable, il est souvent revu a la baisse chaque année d'avantage, c'est comme ca.....

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Sur quelques plans ou l'on voit paris en arrière plan, il fallait juste rajouter des lumières supplémentaire pour raccorder la luminosité de la ville d'un plan sur l'autre.

 
 

Ce plan a été flippé (inversion gauche-droite), donc la blessure que Michael Youn avait sur la joue droite devait se trouver sur sa joue gauche, et donc disparaitre de l'image sur cet axe de camera.

 

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La sortie fut finalement repoussé au 24 février, un délais qui aurait été suffisant pour tout le monde si la décision avait été prise dés les premiers retards évidents.. mais bon c'est pas la première fois et ce sera pas la dernière, comme on dit...:)

 

Le résultat donne un film tout a fait sympathique dans lequel Youn joue excellemment (c'est rare) et qui recèle quelques bonnes scènes très drôle, c'est pas souvent non plus.

Je remercie au passage les quelques personnes chez Europa qui ont du speeder avec nous et hervé Renoh qui a été très patient, d'un calme et d'une énergie qui rassure lors de post prod aussi acrobatique. tchao!

 

 
   
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