C'est sous les toits d'HEPITHETE films, qu' a élu domicile FROGGY, la boîte d'effets numérique crée par Olivier POUJAUD (rencontré sur Vidocq ).

Il y a eu presque 80 plans d'effets pour le film de gilles LEGRAND : des mattes paintings, un rêve onirique, des retouches de décors ou de paysages et quelques incrustations.

Hélas, la seule façon de s'apercevoir qu'il y avait des trucages était d'aller sur le dvd et de comparer le résultat final avec les bandes annonces (pas encore truquée) du film.

On peut respecter cette philosophie de vouloir a tout prix garder l'esprit naturaliste du film en occultant l'aspect technique de l'entreprise, mais les making of sont fait pour ceux qui veulent aller au-dela des apparences et en savoir plus sur le travail de fabrication d'un film (il est d'ailleurs injuste de ne pas montrer certaines professions trop méconnues du cinéma, comme le montage, la photographie, la création d'affiche, ou tout simplement les repérages ou carrément l'ecriture,... c'etait mon coup de gueule du jour ! ).

Certain films dont la mise en image a grandement bénéficié des trucages numériques ne proposent même pas de suppléments techniques dignes de ce nom : Les Dalton, Les Fils du vent, pour ne nommer que ceux que je connais bien. Le débat est clôt.

Reste ce maudit glacier a rajouter dans l'image, derrière un arbre... qui tombe en plus ! Sans fond bleu, vert, rouge ou turquoise... je vais quand même pas rotoscoper les branches d'arbres ?


 
 

J'ai eu l'idée simple d'utiliser l'image derrière l'arbre comme un fond d'incruste. J'ai appliqué un kroma key dessus, appliqué l'extraction uniquement autour de l'arbre et j'ai détouré le reste pour le freezer afin de le transformer en avant plan/matte pour placer facilement le matte painting derrière.

En fait, j'ai pratiqué deux types d'extraction différentes sur l'arbre pour récupérer un maximum de branches.

Ensuite, grâce a des photos de glacier, prises sur la zone du tournage, j'ai fait le matte d'arrière plan, et recréé le mouvement de caméra, car le cadre du plan fixe original empêchait la vision totale du glacier.

 
 

Quand au deuxième plan, c'est surtout de la rotoscopie du garçon et de Jacques Villeret pour placer le même matte painting derrière eux.

Le rêve onirique a aussi demandé du temps,.. du temps de développement pour en définir la durée, l'aspect, etc.... et pouvoir faire une transition invisible entre le tunnel 3D et le plan du garçon dans la grotte de glace n'etait pas évident.

L'ambiance de travail chez Froggy etant très agréable, je n'allais pas tarder a y retourner...