VIDOCQ a été mon premier vrai travail de long métrage en tant que technicien numérique.

J'ai passé plusieurs années dans les effets spéciaux traditionnels dans la societe crée par Philippe Robert et Jean-claude Thibaut, EXPLORER FILMS : peintures sur verre, maquettes, sculptures, moulages, etc..

Après un changement de cap dans le jeu vidéo chez KALISTO qui m'a permis d'apprendre vraiment l'infographie, je suis revenu dans les effets spéciaux, numériques cette fois.

En dehors des effets du masque de l' Alchimiste, réalisés chez MAC GUFF, tous les effets ont été réalisés par une joyeuse bande de freelancers et intermittents recrutés le temps de la production, sur des machines achetées pour l'occasion, dans une maison.. louée pour le temps de la post prod. Au rez-de-chaussée : les trucages, au premier étage : le montage image et son.

Cette structure volante et économique, est pratique pour le réalisateur qui peut contrôler tous les éléments créatifs, puisqu'ils sont tous réunis au même endroit.

J'ai truqué 25 plans sur une durée de 5 mois et quelque soit l'avis que l'on peut porter sur le résultat final du film (du en grande partie a un montage épileptique), j'ai été ravis de l'aventure qui m'a permis de rencontrer des gens avec qui je continue a travailler régulièrement depuis.

 
 

Comme d'habitude, le dvd du film n'a fait que survoler le travail technique fait sur ce film : Tous les plans ont été travaillés numériquement (étalonnage élaboré) dont plus de 500 plans truqués en tout ou en partie.

De l'effacage de micros, de caméras, de techniciens qui traînaient par là, de rails de travelling, en passant par la retouche, ou le plus souvent du remplacement de la quasi totalité des ciels du film !... jusqu'a recréer tout le décor entourant les personnages ou sur des plans d'exposition.

Pitof a inauguré ce qu'on peu appeler le tournage à la volée, la caméra numérique ne demandant pas une mise en place aussi sacralisée ou rituelle que le 35 mm.

Une fois la lumière prête, le déplacement de la caméra, adjointe au retour vidéo sur écran plat, est facile. L'écran restitue exactement l'image enregistré par la caméra, éliminant les surprises ou incertitudes du développement. L'enchaînement des prises est plus rapide, beaucoup de réalisateur qui découvrent le numérique laissent tourner la caméra en continu entre les prises. Evidement l'habitude de ces pratiques a pour résultat un relâchement dans la finition ou dans les détails qui oblige un nettoyage numérique des plans.

Vaut-il mieux avoir à la fin de la journée de tournage : 4 plans impeccables (à développer ) ou bien 20 plans pas totalement parfaits dont 1 à retoucher, mais qui passe quand même, et dont on peut déjà vérifier l'aspect final sur un écran? Je vous laisse vous faire un avis...

Sur Vidocq nous sommes allé assez loin dans la reconstruction des décors pour les resituer dans leur époque : tracking 2D/3D, matte painting 2D/3D. Les premiers plans qu'on m'a confié, concernaient la séquence du fiacre qui emmène Vidocq aux Invalides.

Ça commençait très fort ; détourer des chevaux en mouvement, avec des pattes toutes floue pour mettre derrière un matte painting multiplan en mouvement tracké. Pour détourer correctement, il faut faire des caches différents pour chaque élément en mouvement : les pattes, le corps, la tête, les oreilles, la bride, les sangles, la crinière (les pattes ne sont pas floues dans la même direction que les sangles, etc...) ça m'a pris presque une semaine par plan pour rotoscoper proprement les chevaux.

Petit supplément amusant : la goutte sur l'objectif, qu'il faut aussi effacer au passage.

 
 

Sur le plan de Guillaume Canet qui descend les escaliers pour courir sous le Pont Neuf, le tracking a été difficile mais la roto (qui a pris un mois) l'a été tout autant. Une trentaine de caches pour détourer un à un chaque élément de l'image : caisses, ballots, tonneaux, quai, tête, bras, corps, sacoche, manteau...

Petit supplément sur ce plan aussi, un papillon virevoltant qu'il fallait effacer sur une trentaine d'images.

 
 
s